3 min de temps de lecture 12 juin 2020

La Loi « Elan » réinvente le modèle du logement social

3 min de temps de lecture 12 juin 2020
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Une nouvelle ère s’ouvre avec la loi « Elan » qui devrait entraîner une transformation complète des organismes de logement social (OLS).

Une nouvelle ère s’ouvre avec la loi « Elan ». Si beaucoup de discussions portent sur les seuils de regroupements et que les modes de financements changent, occasionnant de nombreux ajustements et arbitrages, l’essentiel est ailleurs.

Faisant date dans le secteur, cette loi devrait entraîner une transformation complète des organismes de logement social (OLS).

Au cœur de l’innovation sociale

La réflexion est engagée pour savoir quels seront leurs nouveaux visages et déterminer leurs potentialités. Et ?

Avec leur expérience centenaire de bâtisseurs et de gestionnaires de patrimoine, ces organismes ont largement montré leur résilience. Ils ont la capacité de se positionner comme des acteurs de référence en matière d’innovation sociale en capitalisant sur leur expertise sociale précisément, mais plus largement sur leurs compétences culturelle, économique, de mobilité, de sécurité et de santé.

En fournissant aux habitants non seulement un logement, mais aussi un accès au travail, aux loisirs et aux soins, ils peuvent devenir un facteur d’intégration sociale « par construction ».

Les expérimentations lancées ces dernières années par les OLS en témoignent : les nouveaux services foisonnent, tels que les prestations pour les seniors, la valorisation des données de quartier, etc. Il est temps de les partager, de les étendre et de le faire savoir !

Dépasser les clivages

Pour écrire ce futur, les OLS doivent nécessairement se pencher sur leur gouvernance, notamment au niveau de la direction générale, pour dépasser les clivages entre l’office départemental et l’office métropolitain d ’une part, et les offices publics de l’habitat (OPH) et les entreprises sociales de l’habitat (ESH), d’autre part.

Ce sont les directions générales qui doivent s’organiser et prendre en charge les nouveaux défis que sont les processus, la digitalisation, le financement et leurs champs de compétences. En effet, comme les grands opérateurs privés de services qui ont progressivement élargi leur champ - de simples gestionnaires d’immeubles, ils opèrent désormais des quartiers entiers -, les OLS peuvent passer d’un rôle d’aménageur local à l’ensemble d’un quartier ou même d’un département.

Ensuite, la relation qui unit les OLS et les collectivités doit être nécessairement refondée, en associant logement, mobilité et offre de services. De cette façon, ils pourront atteindre un degré de proximité inégalée entre les locataires et les usagers et s’imposer auprès des collectivités comme un chef de file naturel de l’écosystème des acteurs de la ville.

Penser « écosystème »

Le terme d’écosystème est clé, car le défi des territoires est de pouvoir disposer d’une vision cohérente du parc social, ce qui implique un double pilotage économique et social.

Bien entendu, il n’y a probablement pas de modèle unique, les enjeux et les problématiques n’étant pas les mêmes selon les territoires. Mais une constante demeure : la qualité du dialogue entre les élus et les dirigeants d’OLS, leur volonté commune de réinventer le modèle est déterminant. Déjà, nous observons chez nos interlocuteurs prêts à sauter le pas, la volonté d’agir, de transformer. Beaucoup d’entre-eux sont animés par un esprit pionnier. D’où que vienne l’impulsion, c’est cet attelage stratégique qui devra créer un nouveau modèle économique. Le plus important, c’est d’oser.

Ce qu'il faut retenir

Une nouvelle ère s’ouvre avec la loi « Elan » qui devrait entraîner une transformation complète des organismes de logement social (OLS).

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