5 min de temps de lecture 28 mars 2018
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Quatre compétences clés pour le fiscaliste de demain

5 min de temps de lecture 28 mars 2018

Pour apporter aux cadres dirigeants les éclairages toujours plus nombreux qu’ils réclament dans le domaine fiscal, les futurs fiscalistes auront besoin d’une palette de compétences beaucoup plus vaste.

On recherche : conseiller stratégique en affaires, diplomate, analyste et technologue averti pour travailler dans la… fiscalité ?

Même si cela peut surprendre, les offres d’emploi exigeant de telles compétences pourraient se multiplier à l’avenir dans le monde de la fiscalité. Par le passé, l’éventail de compétences d’un fiscaliste reposait principalement sur une connaissance approfondie de règles complexes et de leur application. Aujourd’hui, certaines forces disruptives, dont la mondialisation et le numérique, transforment le profil du fiscaliste.

Chaque année, lors de notre concours Young Tax Professional of the Year, nous invitons des jeunes talents de la fiscalité du monde entier à relever ce défi : décrire la fonction fiscale de demain. Certains établissements du supérieur ont choisi d’anticiper l’évolution du métier de fiscaliste dans leurs programmes et s’efforcent d’armer les futurs professionnels pour faire face aux défis qui les attendent, comme l’avènement des déclarations fiscales en temps réel, les nouvelles exigences de transparence ou encore les changements introduits par des initiatives mondiales à l’exemple du projet BEPS de l’OCDE.

Dans le secteur de la fiscalité, les talents n’ont jamais été aussi disputés. Même s’il demeurera un spécialiste des questions techniques avant tout, le fiscaliste de demain devra disposer d’un registre de compétences plus large. Quatre d’entre elles seront centrales :

1. Savoir mettre à profit la robotique, l’IA et l’automatisation

Dans la fonction fiscale, le travail des professionnels repose généralement sur des processus standard. Les entreprises qui investissent dans la robotique, l’intelligence artificielle (IA) et l’automatisation pourront libérer leurs collaborateurs d’une bonne partie des tâches fiscales répétitives et consommatrices de ressources. Ces opérations courantes, parfois réalisées plus d’un millier de fois par jour, seront ainsi confiées aux technologies qui les accompliront en temps record. En contrepartie, les fiscalistes se chargeront des missions plus complexes.

Les fiscalistes devront donc développer de nouvelles compétences et savoir tirer parti des technologies de pointe. Dans leur recherche de la perle rare, les recruteurs n’hésiteront pas à prospecter des profils hors des sentiers battus. La prochaine génération de fiscalistes se composera d’un nombre grandissant de professionnels issus des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques.

2. Savoir analyser des données en temps réel

Jusqu’à récemment, on comptait sur les fiscalistes pour comprendre les règles et conseiller l’entreprise sur les conséquences fiscales dans les juridictions où elle exerçait ses activités. Dans le monde du numérique où le recouvrement des recettes fiscales est automatisé, au point que les évaluations se font pratiquement « en temps réel », les entreprises investissent dans les technologies pour moderniser leurs processus de déclaration.

Ces changements produisent des données en temps réel, que les entreprises doivent extraire, analyser et valider pour s’assurer que les bonnes règles fiscales sont appliquées. Parmi les profils émergents, le « technologue fiscal », qui maîtrise autant l’analyse de données que les règles fiscales, peut participer à la création de tableaux de bord fiscaux et de techniques de visualisation en temps réel qui ouvrent aux fiscalistes des opportunités sans précédent de création de valeur ajoutée. Ces évolutions réforment en profondeur les compétences requises par les fonctions fiscales du monde entier. À terme, c’est la dynamique de recrutement de l’ensemble de la profession qui s’en trouvera remodelée.

Candidats à un emploi dans la fiscalité assis dans une salle d’attente

3. Savoir influencer des cadres dirigeants

Les directeurs fiscaux deviennent de plus en plus des acteurs clés de la stratégie commerciale. Alors que la structure fiscale internationale subit une refonte fondamentale en réponse au projet BEPS et à d’autres initiatives fiscales mondiales, le service fiscal est amené à jouer un rôle commercial stratégique plus large que par le passé.

Les cadres fiscaux qui réussissent noue des relations étroites avec d'autres départements de l'entreprise. Ils tissent des liens forts avec les unités opérationnelles et élargissent leur engagement aux cadres dirigeants. Les fiscalistes sont de plus en plus amenés à collaborer avec des directeurs généraux et des directeurs financiers dans le cadre de décisions complexes et de matrices de gestion des risques. Poussés vers des postes décisionnels clés par les forces disruptives, les fiscalistes se muent en maîtres de la communication et en dirigeants stratégiques capables de motiver une équipe diversifiée en vue d’atteindre les objectifs commerciaux de leur organisation dans une plus large mesure.

4. Savoir s’adapter dans un monde du travail bâti autour de la flexibilité

Face aux changements qui redessinent le monde du travail, les entreprises s’orientent de manière grandissante vers une main-d’œuvre mondiale, plus mobile et « à la demande ». Certaines plates-formes de recrutement évoluées permettent désormais aux organisations d’employer des travailleurs temporaires et ainsi de gagner en agilité. Elles répondent aux besoins d’entreprises qui souhaitent moduler leurs ressources en fonction des circonstances et aux attentes d’une nouvelle génération d’actifs à la recherche d’une plus grande flexibilité, d’un travail qui a du sens et prêts à changer d’entreprise plus rapidement pour enrichir leur expérience.

Les fonctions fiscales devront non seulement s’adapter à la réalité du marché du travail, mais aussi optimiser les processus de recrutement pour former, gérer et développer ces actifs porteurs de nouvelles attentes. Le recours à des contrats de courte durée avec un vivier de talents ajusté aux situations obligera les entreprises à offrir des facteurs de motivation suffisants à ces collaborateurs, mais aussi à jongler avec les risques et les défis inhérents à ce modèle.

Qui façonnera l'entreprise demain ?

Sous l’impulsion des changements qui s’opèrent, de la mondialisation au plan d'action BEPS, la fonction fiscale continuera d’évoluer vers une dimension comportant une part d’automatisation plus grande et des professionnels technophiles aux commandes. Bon nombre des stratégies de gestion des talents qui fonctionnaient encore hier ne seront plus d’actualité demain et la flexibilité deviendra le maître-mot dans toutes les approches de gestion des talents.

Alors qu’une nouvelle génération de fiscalistes voit le jour dans cet univers numérique, la fonction fiscale poursuivra sa transformation et son rôle décisionnel stratégique demeurera plus important que jamais pour la réussite de l’organisation.

Ce qu'il faut retenir

Les dirigeants de la fonction fiscale doivent s’assurer que leurs services sont prêts à recruter, à gérer et à former tous ces futurs fiscalistes et leur mosaïque de profils.

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